Glossaire économique.

Des définitions courtes pour lire les principaux indicateurs économiques français avant d’explorer les graphiques interactifs.

Finances publiques

Dette publique

Le total des emprunts que les administrations publiques doivent encore rembourser, mesuré au 31 décembre.

Dette brute consolidée des administrations publiques au sens du traité de Maastricht : État, organismes divers d'administration centrale, collectivités locales et administrations de sécurité sociale. Brute, car elle ne retranche pas ce que ces administrations possèdent ; consolidée, car les dettes qu'elles se doivent entre elles sont éliminées. La définition est européenne, ce qui rend les pays comparables.

À ne pas confondre — Ce n'est pas la dette du seul État, ni un patrimoine net, ni une somme due dans l'année.

Source : INSEE — comptes nationaux annuels, règlement européen n° 3605/93

Déficit public

Ce qui manque à l'ensemble des administrations publiques pour couvrir les dépenses d'une année avec les recettes de cette même année.

Besoin de financement des administrations publiques au sens de Maastricht, ligne « Ensemble ». L'INSEE le publie signé : capacité de financement lorsqu'il est positif, besoin de financement lorsqu'il est négatif. Le solde porte sur l'agrégat — certains sous-secteurs peuvent être excédentaires la même année.

À ne pas confondre — Ce n'est pas la dette, ni la variation de la dette : une année de déficit ne fait pas monter la dette du même montant.

Source : INSEE — comptes nationaux annuels

Ajustement entre stocks et flux

Tout ce qui fait bouger le montant de la dette sans passer par le déficit de l'année.

Écart entre la variation de la dette d'une année et le besoin de financement de cette même année. Il regroupe notamment les mouvements de trésorerie, les prêts accordés, les prises de participation et les effets de valorisation. Le décomposer demande d'autres séries que la dette et le déficit.

À ne pas confondre — Ce n'est ni une erreur de mesure, ni une dépense cachée.

Source : INSEE — comptes nationaux annuels

Seuil européen de 3 %

La valeur de référence européenne qui fixe le déficit public à 3 % du produit intérieur brut, et la dette à 60 % de ce même PIB.

Valeurs de référence du protocole n° 12 annexé au traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Elles s'expriment aux prix du marché et déclenchent, lorsqu'elles sont dépassées, l'examen prévu par la procédure de déficit excessif — pas une sanction automatique.

À ne pas confondre — Ce n'est pas 3 % de la dette, ni un plafond de dépense, ni une limite qui s'appliquerait à un montant en euros. Un déficit exprimé en milliards ne se compare pas à ce seuil sans être d'abord rapporté au PIB.

Source : Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, protocole n° 12 sur la procédure concernant les déficits excessifs

Activité et production

Produit intérieur brut (PIB)

La valeur de tout ce qui est produit en France pendant une année.

Somme des valeurs ajoutées de tous les producteurs résidents, augmentée des impôts sur les produits et diminuée des subventions sur les produits. Il mesure une production annuelle, donc un flux.

À ne pas confondre — Ce n'est ni un revenu disponible, ni une richesse accumulée, ni une recette de l'État.

Source : INSEE — comptes nationaux annuels

PIB en valeur

La production de l'année mesurée aux prix de cette année-là.

Aussi appelé PIB nominal ou PIB à prix courants. Il augmente quand les quantités produites augmentent, mais aussi quand les prix augmentent. Sur une période longue, une part importante de sa hausse vient de l'inflation.

À ne pas confondre — Ce n'est pas le PIB en volume, qui neutralise l'effet des prix et sert à mesurer la croissance.

Source : INSEE — comptes nationaux annuels

Valeur ajoutée

Ce qu'un producteur fabrique, moins ce qu'il a dû acheter à d'autres pour le fabriquer.

Production au prix de base diminuée des consommations intermédiaires — matières premières, énergie, services achetés. C'est la grandeur qu'additionnent les comptes nationaux pour former le PIB, et celle dont on tire le poids d'une branche dans l'économie.

À ne pas confondre — Ce n'est ni le chiffre d'affaires, ni le bénéfice, ni l'emploi. Une entreprise qui produit autant qu'avant mais sous-traite davantage voit sa valeur ajoutée baisser sans avoir rien cessé de produire.

Source : INSEE — comptes nationaux annuels

Industrie (au sens des comptes nationaux)

Quatre ensembles réunis : la fabrication, les industries extractives, l'énergie, et l'eau et les déchets.

Agrégat A10-BE de la nomenclature des comptes nationaux. Le débat public parle presque toujours de la seule fabrication — les usines — qui en constitue la plus grande part mais pas la totalité.

À ne pas confondre — Ce n'est pas l'industrie manufacturière seule. L'INSEE ne publie pas cet agrégat isolément, et l'énergie qu'il contient peut faire bouger le total pour des raisons de prix étrangères à la production.

Source : INSEE — comptes nationaux annuels, nomenclature A10

Impôts et cotisations

Prélèvements obligatoires

L'ensemble des impôts et des cotisations sociales effectivement versés aux administrations publiques et aux institutions européennes.

Versements effectifs, sans contrepartie directe, opérés au profit des administrations publiques et des institutions de l'Union européenne. Les cotisations sociales imputées et celles versées volontairement en sont exclues.

À ne pas confondre — Ce n'est pas la dépense publique — plus large, et financée aussi par l'emprunt. Ce n'est pas non plus l'impôt payé par un ménage donné.

Source : INSEE — définition des comptes nationaux

Taux de prélèvements obligatoires

Le montant des prélèvements obligatoires divisé par le PIB, exprimé en pourcentage.

C'est un rapport : il bouge quand le montant prélevé change, quand le PIB change, ou quand les deux changent à des rythmes différents. Une baisse du taux n'implique donc pas une baisse de ce qui est prélevé.

À ne pas confondre — Ce n'est pas le taux moyen d'imposition d'une personne : 43 % du PIB ne signifie pas que chaque Français verse 43 % de son revenu. C'est une moyenne portant sur toute l'économie, qui ne dit rien de la répartition.

Source : INSEE — comptes nationaux annuels

Emploi

Chômage au sens du BIT

Être sans emploi, disponible pour travailler, et avoir cherché activement un emploi au cours du mois écoulé.

Définition harmonisée du Bureau international du travail, mesurée en France par l'enquête Emploi. Elle permet de comparer les pays et les périodes.

À ne pas confondre — Ce n'est pas le nombre de demandeurs d'emploi inscrits : les deux mesures ne comptent ni les mêmes personnes ni de la même façon.

Source : INSEE — enquête Emploi, définition du Bureau international du travail

Prix et pouvoir d'achat

Inflation

La hausse générale des prix à la consommation sur une période donnée.

Mesurée par la variation de l'indice des prix à la consommation, qui suit le prix d'un panier de biens et de services représentatif de la consommation des ménages.

À ne pas confondre — Une inflation qui ralentit ne signifie pas que les prix baissent : elle signifie qu'ils montent moins vite.

Source : INSEE — indice des prix à la consommation

Pouvoir d'achat

Ce que les revenus permettent réellement d'acheter, une fois les prix pris en compte.

Rapport entre le revenu disponible brut des ménages et l'indice des prix de la dépense de consommation finale. L'INSEE le publie aussi par unité de consommation, qui tient compte de la taille des ménages.

À ne pas confondre — Ce n'est pas le salaire : impôts, prestations et prix entrent tous dans le calcul.

Source : INSEE — comptes nationaux des ménages

Marchés financiers

OAT 10 ans

Le taux auquel l'État français emprunte à dix ans sur les marchés.

Rendement des obligations assimilables du Trésor à échéance dix ans. Il varie en continu et s'exprime en pourcentage ; ses variations se disent en points de base.

À ne pas confondre — Ce n'est pas le taux moyen que paye l'État sur sa dette existante, qui reflète des emprunts anciens à des taux différents.

Lire les chiffres

Stock

Une quantité mesurée à une date précise, comme le niveau d'eau dans un réservoir.

À ne pas confondre — Ce n'est pas une quantité accumulée pendant une période — cela, c'est un flux.

Flux

Une quantité mesurée sur une durée, comme le débit d'un robinet.

À ne pas confondre — Un flux repart à zéro à chaque période. Il ne se compare pas directement à un stock, et additionner des flux ne reconstitue pas nécessairement la variation d'un stock.

Point de pourcentage

L'écart entre deux valeurs déjà exprimées en pourcentage.

Un taux qui passe de 39,0 % à 42,8 % gagne 3,8 points de pourcentage. La même évolution représente une hausse relative d'environ 9,7 %, puisque 42,8 divisé par 39,0 vaut 1,097. Les deux chiffres sont exacts et ne mesurent pas la même chose.

À ne pas confondre — Cet écart ne s'écrit jamais « +3,8 % » : ce serait une hausse relative, deux fois et demie plus petite ici.

Point de base

Un centième de point de pourcentage.

Cent points de base valent un point de pourcentage. Un taux qui passe de 3,50 % à 3,75 % gagne 0,25 point de pourcentage, soit 25 points de base. L'unité sert aux taux d'intérêt, où le dixième de point est trop grossier.

Point d'indice

L'unité dans laquelle se compte un indice, comme un indice de prix ou de production en base 100.

Un indice qui passe de 7 000 à 7 070 gagne 70 points d'indice, soit 1 %. Les mêmes 70 points depuis 3 500 vaudraient 2 % : la conversion dépend du niveau de départ.

À ne pas confondre — Un point d'indice n'est pas un pourcentage et ne se convertit pas sans le niveau.

Euros courants

Des montants exprimés aux prix de l'année où ils ont été mesurés, sans correction de l'inflation.

À ne pas confondre — Deux montants en euros courants séparés par plusieurs décennies ne se comparent pas directement : une partie de l'écart n'est que la hausse des prix.

Euros constants

Des montants ramenés aux prix d'une même année de référence, pour neutraliser l'inflation.

Aussi dits « en volume » ou « en euros réels ». L'année de référence doit toujours être précisée : un montant en euros constants n'a aucun sens sans elle.

Ratio

Le résultat d'une division entre deux grandeurs, comme la dette rapportée au PIB.

Un ratio bouge pour trois raisons : son numérateur change, son dénominateur change, ou les deux changent à des rythmes différents. Constater sa variation ne dit donc pas laquelle des deux grandeurs a bougé.

À ne pas confondre — Un ratio n'est pas un montant, et sa baisse n'implique pas la baisse de ce qui est compté au numérateur.

Statut des données

Provisoire

Un chiffre publié rapidement, que l'institut révisera lors des campagnes suivantes.

À ne pas confondre — Provisoire ne veut pas dire douteux : c'est la meilleure estimation disponible à sa date, et l'écart avec la valeur finale est en général faible.

Source : INSEE — calendrier de révision des comptes nationaux

Semi-définitif

Un chiffre déjà consolidé, mais qui peut encore bouger d'une campagne.

Source : INSEE — calendrier de révision des comptes nationaux

Définitif

Un chiffre arrêté, que l'institut ne révise plus hors changement de base.

À ne pas confondre — Un changement de base des comptes nationaux peut réviser des millésimes définitifs : ce n'est plus une révision courante, c'est une nouvelle mesure du passé.

Source : INSEE — calendrier de révision des comptes nationaux